J'avais peur du silence. Vraiment peur. Je m'en suis rendu compte lors de ma première retraite — pas parce que c'était imposé, mais parce que j'ai choisi de ne pas fuir dans la musique, le podcast ou l'écran.
La première journée a été difficile. Le mental s'agite quand il n'a plus de stimuli — il cherche, il pense, il planifie. Il ressasse. C'est inconfortable. C'est même douloureux par moments.
Et puis, vers la fin du deuxième jour, quelque chose s'est calmé. Le mental, lui, continuait à tourner - mais en dessous de lui, quelque chose s'est ouvert. Un espace. Une présence.
Le silence n'est pas l'absence de bruit. C'est la présence à ce qui est — sans filtre, sans fuite.
Ce que j'ai appris au troisième jour : que beaucoup de mes pensées ne m'appartiennent pas vraiment. Ce sont des pensées héritées, des conditionnements, des peurs transmises. Dans le silence, on commence à distinguer sa vraie voix des voix intériorisées des autres.
Je ne suis pas en train de vous dire de faire un vœu de silence ou d'aller en retraite. Je vous dis juste : la prochaine fois que vous êtes dans les transports, essayez 10 minutes sans rien — ni musique, ni podcast, ni scroll. Juste vous. Et observez ce qui arrive.

